l'album qu'on méritait d'écouter
Il y a des albums qu'on range parce qu'on a choisi un camp. The Final Cut de Pink Floyd est de ceux-là.
Sorti le 21 mars 1983, numéro un en Grande-Bretagne, ignoré par une partie du public floydien qui avait choisi Gilmour contre Waters, moqué par la presse qui attendait des solos et des crescendos, cet album a traversé quarante ans dans l'ombre de lui-même. Et pourtant. Waters y raconte la mort de son père à Anzio en 1944. Il y règle ses comptes avec Thatcher et la guerre des Malouines. Il y documente l'effondrement d'un groupe qui n'existait plus vraiment. Et il y enregistre, sur le dernier morceau du dernier album, une chanson sur la fin du monde - Two Suns in the Sunset - qu'il joue encore en concert aujourd'hui.
Dans cet épisode, Guillaume revient sur l'histoire de cet album, de ses coulisses et de ses tensions — les voitures garées en cercle pour éviter tout contact entre musiciens, Gilmour qui enregistre ses parties seul dans un autre studio, Nick Mason absent du morceau de clôture parce que le 5/4 le dépasse. Mais aussi sur ce que l'album dit, sur ce qu'il fait aux gens qui l'écoutent vraiment, et sur ce que le mécanisme de rejet de The Final Cut révèle sur la façon dont on juge sans comprendre - en politique comme en musique.
Un épisode de réhabilitation. Un épisode sur le deuil et la colère. Un épisode sur un homme qui avait raison et qui a payé le prix d'avoir raison.