la pochette la plus honnête du metal
Peter Steele avait deux mètres, une voix de baryton qui semblait remonter des profondeurs de la Terre, et un emploi de jardinier municipal au département des parcs de New York. Le jour, il tondait les pelouses de Brooklyn. Le soir, il écrivait des chansons sur la mort, le sexe, la religion et les femmes.
En 1993, Type O Negative entre en studio et enregistre Bloody Kisses en quelques semaines. Ce qui en sort devient le premier album certifié platine de toute l’histoire de Roadrunner Records — devant Sepultura, devant Obituary, devant tout le monde. Avec une pochette de deux femmes qui s’embrassent sur fond vert, choisie par Steele parce qu’il aimait les lesbiennes et qu’il avait passé des heures à trouver la bonne nuance de vert. Josh Silver résumera : “Je pense que Peter avait une idée plus sombre en tête, mais il aime les lesbiennes, donc c’est correct.”
Dans cet épisode, je reviens sur Bloody Kisses — sur ce que l’album dit du corps féminin, de la culpabilité catholique et du désir, sur l’humour de Steele comme armure et comme programme, et sur un homme qui a passé sa vie à se moquer de tout avant de revenir, en fin de parcours, à la foi de son enfance. Un épisode plus léger que les précédents — parce que certains albums changent le monde en faisant semblant de ne pas essayer.