Sol Draconi Septem - Hyperion

Catégories : Chroniques
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Avec sa pochette orange et son nom incantatoire, Sol Draconi Septem dénote immédiatement dans le paysage Black Metal. Le titre de l’album Hyperion, tiré des œuvres de Dan Simmons dont le titre est lui-même repris d’un poème de Hölderlin, ajoute du Grec au Latin du nom du groupe. Ce n’est toutefois pas vers l’Antiquité que se tourne le groupe mais vers un futur de Science-Fiction, et c’est vers celui-ci que se braquent les instruments. 

 

L’album s’ouvre avec The Man Who Cried God et plus précisément une intro’ dans un style Electronica typé Synthwave qui semble être jouée au synthétiseur, mais avec la révélation que le saxophone a été travaillé pour sonner comme un clavier, on ne peut être sûr de rien. Quoi qu’il en soit, la mélodie de démarrage est intéressante puisqu’elle mêle une basse continue et des sons aigus et secs par-dessus. La guitare vient par la suite reprendre les accords du synthé’ dans une continuité thématique, bien que la transition aurait pu durer plus longtemps afin d’éviter un effet de juxtaposition. Un trémolo picking aigu se dessine en arrière-plan à mesure que la guitare lead accélère son jeu. Le passage du futur au passé se fait grâce à un riff qui sonnerait presque Black Folk avec des quintes, un backbeat et un chant guttural grave doublé de chœurs masculins. On retrouve un Black plus orthodoxe par la suite avec des blastbeats qui tranchent bien dans la composition sonore. Les paroles semblent elles aussi à première vue classiques puisqu’on entend assez clairement « You belong to the cruciform » - même s’il ne s’agit pas du motif classique de la crucifixion mais de sa reprise dans les Chants d’Hyperion de Dan Simmons, ce que l’on peut notamment remarquer par le fait que le groupe utilise des phrases tirées de l’œuvre même. De plus, sur le plan musical, il ne s’agit pas d’un Black « pur » puisqu’il est accompagné de touches de synthé’ qui ajoutent des timbres intéressants à la composition. Cet ajout d’instruments atypiques permet à Sol Draconi Septem de ne pas tomber dans les lieux communs des différents styles de Black Metal dont ils puisent leurs influences, ils évitent ainsi les clichés en plus de proposer un peu de fraîcheur. Ainsi, la principale réussite mélodique de ce morceau est le changement de structure à 4:40 où se mêlent un riff Black traditionnel accompagné d’appels chantés qui tendent vers le haut tandis que les guitares contrastent par une progression anticlimatique. Après une brève transition, on arrive vers un passage plus lourd avec un chant guttural grave dont la profondeur est accentuée par les coups de toms de la batterie. Outre ces deux passages précis, la chanson propose aussi un développement intéressant puisque de plus en plus de pistes sont ajoutées et se retrouvent, se mettant peu à peu en osmose, ce qui confère de plus en plus de majesté au morceau – ce que renforce par exemple l’alliance des chants clairs et gutturaux, assez présente dans The Man Who Cried God. La dernière partie du morceau est marquée par l’arrivée du saxophone, lequel reprend la gamme développée au long de l’œuvre pour développer dessus. On notera évidemment que l’instrument est bien mis en avant, ce qui est extrêmement plaisant puisque l’instrument reste encore trop peu entendu dans le Metal et le Black Metal en général - malgré sa présence chez des groupes d’avant-garde comme White Ward ou Shining.

Contrairement à son prédécesseur, The War Lovers s’ouvre sur un tempo plus rapide dans une ambiance épique assez efficace portée par la structure carrée du morceau et les guitares. Mais cette raideur binaire est brisée par les trémolos de ce qui semble être un synthétiseur, avec un son très spécifique que je n’ai jamais entendu auparavant et qui par conséquent me plait beaucoup. Après une courte plage aux guitares (dont je ne comprends pas vraiment la fonction) le morceau reprend avec ces éléments, de sorte qu’on s’habitue à l’atmosphère du morceau et à son étrangeté maintenue. Les trémolos sont par la suite renforcés par le trémolo picking puis les blastbeats, puisque tous trois se fondent sur les variations à la double-croche. L’atmosphère qui se dégage est alors toute particulière puisqu’il y a toute la densité sonore du Black Metal avec plus de nuances et d’accents qu’à l’accoutumée. Une progression lyrique s’enchaîne avec la guitare qui crée un pont vers un passage très intéressant qui associe la guitare et le saxophone pour la mélodie et un chant aigu proche du DSBM, sans doute réalisé par A.K. de Decline of the, dont la charge émotive est très réussie. Ce chant est repris par la voix grave et travaillé pour finir le morceau sur son évaporation. 

Loin du DSBM, The Avatar propose une introduction dissonante typée Doom dans sa lenteur, les accords tenus à la guitare et le dôme de la cymbale ride. La lourdeur se confirme dans les chants gutturaux graves mais ceux-ci trouvent une touche de clarté dans les chants liturgiques qui les accompagnent. La levée de batterie annonce le retour du synthétiseur, dont le son nous rappellerait sans doute celui de Deep Purple. On sort de cette composition Doom dans la deuxième partie du pont où la guitare et le saxophone se suivent jusqu’à ce que ce dernier s’émancipe et propose une envolée lyrique. Le lien à la terre est toutefois maintenu par le retour du chant guttural. On pourra également entendre un chant guttural médium dans une troisième partie de morceau, puisque la fin du saxophone dégage de l’espace sonore pour découvrir une mélodie ternaire de fond au synthé’ dont la répétition accentue l’aspect rituel du morceau. Finalement, le saxophone revient une dernière fois pour faire une progression jusqu’à se taire et laisser le morceau s’achever sur le motif des claviers.

Une fois cette présence imposante de l’Avatar passée, on arrive dans le cœur de l’album avec Hyperion Cantos. L’introduction du morceau est quant à elle bien Black et on peut y entendre des sons fluctuants (peut-être modifiés du saxophone) qui rajoutent du grain à la mélodie. Cela se perpétue avec la mélodie en vibratos de la guitare. Le morceau trouve son envolée à la cinquante-troisième seconde puisqu’il développe beaucoup d’ampleur sonore avec le chant guttural médium légèrement réverbéré qui lui confère de la grandiloquence et le synthétiseur en bourdon tenu derrière le riff Black. On peut noter que malgré tous ces instruments, l’espace sonore n’est pas rempli à ras-bord, la guitare est relativement sous-mixée et le clavier, bien qu’audible, se développe sur des temps longs, ce qui laisse le morceau respirer. Cette relative disponibilité de l’espace permet d’enchaîner sur un crescendo officié par le trémolo picking des guitares. Cela permet au morceau de repartir de plus belle, en reprenant le thème vu précédemment – avec un peu plus d’équilibre puisque les aigus sont occupés par la guitare et que la présence de nombreux instruments diminue l’influence de la batterie – qui me semble légèrement surmixée par moments – c’est-à-dire bien audible sans pour autant cacher d’autres pistes. Le surmixage pénalise par ailleurs la fin du morceau puisqu’Hyperion Cantos se clôt avec un texte inspiré de la Genèse qui est parlé et qui se voit malheureusement noyé dans trop de réverb’, ce qui l’empêche de se distinguer des autres instruments et brise la dimension prophétique de l’outro dans la mesure où la prophétie met justement le prophète sur le devant de la scène. 

On arrive à la moitié de l’album avec The River Léthé’s Taste Is Bitter. Une fois n’est pas coutume, on découvre le morceau sur une introduction Black classique au trémolo picking aigu et au blastbeat – tout en gardant le son particulier des synthés très léger en fond. Cela se perpétue sur la suite avec le riffing Black et la double, mais on retrouve surtout avec plaisir le saxophone qui vient ajouter une dimension mélodique tandis que la batterie, elle, s’alourdit. Ce n’est qu’à la première minute, après un break de batterie, que le morceau se pose un peu avec le retour du duo synthétiseur/guitares pour développer une atmosphère tenue. Bien que le rythme accélère légèrement par la suite, l’ambiance reste sensiblement la même par la mise en avant des synthés. Cette accélération nous prépare toutefois à la reprise du moment Black. Le manque de variations dans la voix depuis le début de ce morceau est compensé par un cri aigu très bien sorti qui donne du relief au chant. Comme un cri libérateur, le morceau en profite enfin pour se lâcher et sortir de ses gonds avec un solo de guitare shred qui donne une trame mélodique un peu plus racée que les ambiances claviers-guitare. Ce solo se marie par ailleurs très bien avec un retour des éléments Black puisqu’il n’hésite pas à utiliser du trémolo picking et à en faire un riff par la suite. Ce solo ne sert donc pas qu’à ajouter du contraste, il permet également de structurer le morceau. C’est pourquoi je déplore la fin du morceau en fade-out et point d’orgue en début de mesure puisque cela casse complètement la cohérence dynamique de la composition. On sait qu’il est difficile de finir un morceau, c’est d’ailleurs un écueil que j’ai pu constater même dans de très bons albums, et à raison de plus dans un morceau véloce comme The River Léthé’s Taste Is Bitter étant donné l’inertie qu’il accumule, mais les quatre morceaux précédents ont bénéficié d’une fin plaisante, donc on peut à bon droit en espérer autant. 

On replonge dans la dimension Science-Fiction des Chants d’Hyperion avec The Long Goodbye et son ouverture symphonique avec des cuivres qui nous rappelleraient Also Sprach Zarathustra de Strauss, gamme et motif iconiques des thèmes spatiaux depuis son utilisation dans 2001 : l’Odyssée de l’Espace. L’aspect dramatique est perpétué par les percussions et les violons. Les sons de synthétiseur aigus et perçants viennent trancher dans la mélodie, bien que leur timbre les rapproche des violons et fait qu’ils ne semblent pas venir gratuitement. Une phrase parlée arrive comme une annonce non seulement de ce qui se trouve devant nous, mais également du morceau qui arrive puisque le morceau démarre sur sa suite avec les instruments d’abord ensemble à la noire puis à la croche. Les instruments se séparent ensuite pour faire un riff Black accompagné des vibratos du synthé’ dans le style du groupe, avec un bon usage des guitares comme toile de fond sur laquelle le synthétiseur apparaît en touches de couleurs, ce qui lui évite d’être relégué à un usage d’ambiance uniquement. Il me semble également qu’on retrouve le saxophone derrière le chant guttural, dans un timbre qui le rapprocherait des violons. On revient ensuite à un riff Black mais le synthétiseur prend la main grâce à des sons très artificiels en guise de mélodie tandis qu’une basse tient la blanche pour conférer un peu d’assise grave au moment. Cette alliance est maintenue lors du passage en vibratos du synthé’, alors qu’il semblerait qu’il y ait moins besoin de support rythmique puisque les notes sont bien plus succinctes. La guitare, en fond, tient un riff à la croche qui permet d’enchainer du synthétiseur à la guitare aiguë, tandis que la batterie presse le pas par ses cavalcades. Il s’agit donc d’un passage bien plus énergique, c’est pourquoi on peut être étonné qu’il soit suivi d’un passage plus lent dans la mesure où tous les instruments passent à la blanche et jouent de légatos qui déstabilisent la structure – surtout un son très particulier, (peut-être encore le saxophone), grave et impur, proche du didgeridoo, que je trouve très intéressant. Je regrette ainsi de ne l’entendre qu’en fin de morceau et pas plus tôt, car on ne peut pas profiter de ce son dans un réel développement mélodique ni entendre plus distinctement le contraste entre ce timbre et la mélodie très aiguë qui se laisse deviner par l’oreille attentive. 

Mais quitte à se concentrer sur quelques secondes, les auditeurs attentifs feraient mieux de garder leur cerveau frais pour l’introduction d’I Remember Siri. Son introduction aux guitares saturées est particulièrement déstabilisante avec sa base rythmique en 32/32 – qui n’est pas du 4/4 puisqu’il s’agit d’un ternaire que la batterie compense en faisant sauter des croches intermédiaires ou avec des groupements de 5 ou 6 croches, ce qui est très perturbant. A cela s’ajoute une guitare qui alterne ses accords en 16/16 par groupes de 12+4 croches, ce qui donne l’impression d’un ternaire alors que ce n’est pas le cas. Une fois notre cerveau bien échauffé, le morceau revient dans un 4/4 plus traditionnel. On y retrouve alors le synthétiseur ainsi qu’une guitare aiguë qui boucle son riff de sorte qu’il ressemble à une envolée qui retombe toujours à son point de départ. Le synthé’, quant à lui, se développe par nappes d’ambiance. Cette dimension d’ambiance se fait de plus en plus prégnante puisque les guitares ralentissent leur riff jusqu’à un passage où tout se suspend, ne laissant plus que la résonance des instruments en début de mesure, la batterie et une guitare lente. Cela ouvre un espace sonore dégagé pour un moment parlé. On peut néanmoins regretter l’absence de transition entre ce moment de suspension et le retour aux influences Black Metal, car le passage de l’un à l’autre semble un peu abrupt, d’autant que le chant grave contraste avec les instruments autrement aigus. Le chant suivant, plus aigu et glaireux colle mieux avec les guitares - d'autant plus qu’il est, comme elles, doublées. Ce chant, plus agressif et inattendu, confère au moment une dimension plus inquiétante que soutient le retrait du synthé’ et la perte de la dimension lyrique. Loin d’une retraite, il s’agit plutôt d’une pause du synthétiseur puisqu’il revient juste après pour faire un duo en alternant les mélodies et les vibratos avec la guitare. L’alliance des deux, comme on peut l’entendre dans les dernières secondes du morceau, est par ailleurs assez intéressante car les guitares sont acérées tandis que le synthé’ a un son plus rond, ce qui fait qu’on ne sait pas sur quel pied danser. Serait-ce alors par remords de toutes les perturbations qu’I Remember Siri nous a fait subir que Sol Draconi Septem a choisi de finir son morceau sur un tic-tac cadré et linéaire, de sorte que nous retrouvions nos repères ? 

On arrive sur le dernier morceau pleinement composé d’Hyperion avec The Last Pilgrims. La thématique mystique est d’ores et déjà instaurée par l’introduction flottante avec les guitares et le synthétiseur. La batterie y est présente, mais son jeu ne dénote pas puisqu’il est principalement axé sur les cymbales, ce qui rejoint l’effet de résonance du passage. L’introduction tranche toutefois avec le trémolo picking agressif, la double-pédale à la triple croche et le chant Black médium. Heureusement, les instruments sont suffisamment bien mixés pour qu’on ne sombre pas dans le brouhaha. Il y a même de la place pour d’autres pistes ; ainsi le saxophone fait son entrée avec son timbre chaud qui est d’autant plus apprécié que l’instrument est accompagné du synthétiseur et doublé dans ses graves. Un passage de transition nous fait revenir sur le thème Black précédent, même si celui-ci est largement allégé dans sa durée et dans sa lourdeur puisqu’il y a moins de grosse-caisse. Cela reste toutefois un passage Black Metal, et même s’il est souvent mélangé à d’autres éléments, les influences Black du groupe restent clairement audibles. J’en veux pour preuve le solo en trémolo picking, dont la réussite se situe dans les accents bien audibles qui lui accordent une vraie progressivité malgré la linéarité du rythme. Cette présence bien dosée du trémolo picking, entre ambiance et outil mélodique, est une force indéniable de Sol Draconi Septem – ainsi que l’alliance de celui-ci avec le synthétiseur puisque tous deux offrent des sons aigus et tranchants. Le dernier tiers du morceau semble toutefois abandonner quelques éléments Black – même s’il en garde le chant – pour développer la dimension mélodique avec des arpèges au synthé’ et à la guitare et plus particulièrement un solo de guitare en tapping très réussi qui permet de finir le morceau sur la suspension du premier temps en écho, ce qui nous replonge dans l’atmosphère de l’introduction en plus de bien s’articuler avec le reste du morceau. 

Silenus se propose pour finir l’album. Il propose pour cela une mélodie à deux tons avec une mélodie composée d’une note répétée à la noire tandis qu’une autre plus grave est tenue sur une ronde. Les éléments SF qui rappellent l’atmosphère des Chants d’Hyperion sont incorporés avec des notes distordues et métalliques. La voix, chuchotante et grésillante, ne nous rassure pas plus que la mélodie, d’autant que de plus en plus d’éléments s’ajoutent, comme des samples indus’ et une forme de bourdon. Conformément à l’œuvre de Simmons, la distinction entre l’indus’ et le rituel est de plus en plus ténue, comme en témoignent les chœurs à la limite du juste dont la dissonance accentue l’étrangeté du morceau. Finalement, tout se tait pour faire place à quelques notes de guitare jusqu’au fade-out final. Le son des guitares n’est pas désagréable, mais il aurait sans doute mérité un peu moins de tranchant mais le principal problème de la fin est encore une fois le fade-out. Le fade-out, par son atténuation, casse le sentiment d’étrangeté en le faisant se dissiper au loin, au lieu de le maintenir par la disparition hic et nunc de la musique. Je pense ainsi qu’une fin avec un point d’orgue sur la dernière note jusqu’à ce qu’elle se dissipe d’elle-même aurait été plus pertinent que le fade-out progressif, qui laisse la fin se deviner et met alors à distance les frissons de l’écoute. 

 

Vous l’aurez compris, les fins sont parmi mes quelques regrets de cet album. Il ne faut toutefois pas en tirer de conclusions à la hâte car ces fins en disent beaucoup plus que de nombreux albums à la hâte. Je n’adresse de reproches aux fins que parce qu’elles contreviennent à la cohérence dynamique d’un morceau, ce qui suppose que ces morceaux arrivent à avoir une cohérence dynamique et à la développer, ce qui n’est pas une mince affaire. J’en veux pour preuve qu’il est beaucoup plus facile de finir un morceau simplequ’une composition complexe et variée. Les fins que j’ai déplorées sont des anti-cerises sur le gâteau : ce sont certes des écueils, mais ne les sont que parce qui les soutient est de très bonne qualité (d’autant qu’aux fins de Silenus, The River Léthé’s Taste Is Bitter et Hyperion Cantos, on peut opposer celles de The War Lovers, I Remember Siri et The Last Pilgrims qui sont sans aucun doute réussies). 

Pour ce qui est de l’album dans sa teneur générale, comme souvent en SF l’organique et le virtuel se rejoignent ; mais ça ne se restreint pas aux métaphores mais bien à la composition pour Sol Draconi Septem. Le contraste est présent tout au long de l’album : entre les instruments organiques et les instruments de synthèse, dans les métaphores du texte, et dans le style du texte même qui alterne entre l’hyperfuturisme d’un langage extraterrestre et un Anglais daté. 

Le plus gros danger des musiciens-compositeurs est sans aucun doute le cliché. Pour un groupe aux influences diverses comme Sol Draconi Septem, il faut sans cesse jouer entre le 0 et le 1, en se méfiant comme de la peste du 0,5, où la musique n’est pas mauvaise mais n’est qu’un ramassis de lieux-communs musicaux – sans forces mais sans faiblesses, donc sans rien à sauver. Heureusement, Sol Draconi Septem évite cela grâce à des compositions intéressantes qui n’ont pas peur d’explorer et d’ajouter des instruments peu communs, ce qui est très bien. L’album n’est pas un sans-faute pour autant, d’autres éléments peuvent être discutés comme le surmixage ponctuel de la batterie et le chant parfois trop linéaire à mon goût (peut-être à cause des influences Doom ou de l’impératif de neutralité de la fonction de narrateur ?). Quoi qu’il en soit, l’album reste dans sa très grande majorité une belle réussite et apporte beaucoup de fraîcheur dans la scène Black, même pour les fans d’avant-garde, ce qui n’est pas mince affaire. Pour un premier album, Sol Draconi Septem confirme que le groupe a un énorme potentiel de composition, et je ne peux voir le groupe que se bonifier tant qu’il continuera d’explorer et de sortir des sentiers battus. 



Par Baptiste - 26/03/2021

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