Maraton - Unseen Color

Catégories : Chroniques
Maraton - Unseen Color.jpg
Maraton - Unseen Color ou l’album inattendu


Début 2020, je suis allé voir Leprous pour une énième fois, comme à mon habitude lorsqu’il passe en hexagone, ainsi que Klone qui les accompagnait ce soir-là. Mais pendant cette tournée, il y avait aussi un groupe qui m’était alors parfaitement inconnu : Maraton. L’année précédente, leur premier album Meta venait de sortir après 5 ans à être resté non publié : ce qui était donc la bonne occasion d’en faire la promotion aux côtés de Leprous !
Car oui, Maraton avait arboré dans Meta un Rock Progressif empreint de mélodies électroniques et de chant très “Pop”, une sorte d’hybridation de Leprous et de Vola. Un mix sagement dosé entre les lignes de chant entraînantes, des riffs plutôt techniques, mais toujours abordables et des claviers pour supporter le tout. Aimant beaucoup Vola et Leprous, il fait peu de doutes que j’ai vite succombé aux charmes du groupe. La prestation live m’avait très intrigué devant leur immense capital sympathie, mais c’est véritablement le fait de me plonger dans leur album studio qui me ravit mon coeur.

Je fus donc très surpris par les premiers singles qui ont commencé à sortir au début de cette année avec notamment un Perdurant Lives très lancinant et planant. Le côté Pop m’a en effet quelque peu désarçonné, ne m'attendant pas forcément à ce que le groupe rende leur musique encore plus douce et accessible qu’elle ne l’était déjà. Il faut dire que je ne m’attendais pas non plus à du Djent comme sur certains titres de Vola ; même si le titre éponyme me dit que c’est possible.
Non-Euclidean Heart m’a ensuite un peu plus convaincu, mais me persuadant par la même occasion que le groupe se dirigeait vers un album moins Progressif ou même Rock pour s’engager vers des horizons électros et Pop.

J’en ai certes un peu marre de voir des groupes que j'apprécie pour leurs étrangetés rythmiques et leurs riffs troquer le tout pour de l’électro-Pop ; il faut dire que j’éprouve une certaine frustration à ce qu’ils explorent autre chose que ce qui m’a attiré de prime abord. Mais il y a bien quelque chose qui a su retenir mon attention sur cet album malgré tout.
Nous sommes en effet face à un univers unique et bien singulier qui nous entraîne et qui nous apaise, tout en étant dans une certaine continuité de l’album précédent.
Il faut dire que le guitariste avoue que la pierre angulaire de l’album avait été la réunion de toutes les chansons bizarres qui ne collerait pas sur un album de Maraton. Il faut en effet que la seconde chanson de l’album, Contranym, arrive pour nous en rendre pleinement compte.

Unseen Color est un album particulier, sans aucun doute une version édulcorée de Meta, qui pourra en perturber plus d’un et même parmi les fans des norvégiens. Cependant, on se surprend à y revenir comme un plaisir coupable. Il faut dire que l’album renferme des tubes à l’image de Blind Sight qui nous donnerait presque envie de danser, mais aussi des titres plus ambitieux. A Body of Your Own, avec son côté orchestral peut rappeler l’émouvant The Last Milestone de Leprous ou bien les chants émouvants de Casey Mc Pherson (Alpha Rev, Flying Colors, The Sea Within) avec cette interprétation presque à fleur de peau de la part du chanteur Simen Hundere Ruud.

Il faut dire que cette chronique n’est peut être pas des plus flatteuses pour cet album, mais ce dernier me créant tellement de sentiments contraires que je ne saurais vraiment me l’expliquer ou bien vous l’expliquer. Le mélange de plusieurs genres musicaux et d’atmosphères m’a en effet un peu trop perturbé. Unseen Color m’étant tellement inattendu qu’il me faudra du temps pour l’apprécier entièrement, du moins je l’espère, car le début de l’aventure est prometteur.

Par Gauvain - 10/10/2022

Commentaires

Pas de commentaires sur cette article !