Chronique Candlemass - Sweet Evil Sun

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Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, on part en Suède, avec un des plus grands piliers du Doom, j’ai nommé, les épiques Candlemass ! Leur nouvel album, Sweet Evil Sun, sortira très prochainement, le 18 novembre chez Napalm Records, que je remercie chaleureusement pour m’avoir transmis la promo du disque !

Même s’il est vrai qu’ici je vous parle plus souvent de Metal extrême, Candlemass et moi, c’est une affaire qui remonte à loin. J’ai dû découvrir le groupe quand j’avais 14 ans, grossièrement 2009, avec King of the Grey Islands et Death Magic Doom, qui sortait la même année. Est-ce que cette découverte fut une claque majeure de mon enfance ? Oui. Evidemment, je tombe assez vite sur les classiques Epicus Doomicus Metallicus, Nightfall et Ancient Dreams. C’est toujours mon groupe de Doom préféré à ce jour.

Les suédois, forts de 40 ans de carrière et 13 albums (et quelques EPs) n’ont absolument plus rien à prouver à qui que ce soit. Ce sont les dieux et maîtres de cette frange épique du Doom Metal. Alors, qu’en est-il de leur nouvel album ? Réponse courte : il est bien. En vrai, à l’écoute du premier single, j’ai eu un peu peur parce que j’ai eu du mal à rentrer dans le morceau « Scandinavian Gods » ; mais mes peurs se sont estompées à l’écoute du single éponyme « Sweet Evil Sun » ; et plus encore à l’écoute de l’album en entier, où tout fait sens. Un truc que je trouve dingue avec ce groupe, c’est leurs riffs. J’adore les riffs de Candlemass, ça ne fait aucun doute. Mais le plus fou, c’est que quand tu en entends un, tu sais directement que c’est un riff de Candlemass. Ils sont uniques en leur genre, souvent imités, jamais égalés. A chaque nouvel album, je me dis « Ouais, ça c’est un vrai riff de Candlemass, j’aime ça, putain. »

Comme à mon habitude, on va brièvement parler de la pochette de l’album avant de se jeter sur les morceaux. Elle est signée Erik Rovanperä, qui fait toutes les pochettes du groupe depuis Psalms for the Dead en 2012.



Je pense qu’elle parle d’elle-même : dans un style gravure, aux couleurs essentiellement sombres (gris/noir/violet), on observe le traditionnel crâne qui apparaît couramment sous diverses formes sur les pochettes du groupe. Des rayons ondulés et de fines croix en émanent sur tout son pourtour, le transformant en ce doux soleil maléfique, perché dans un ciel noir aux nuages ténébreux. En bref, c’est une illustration plus que fidèle au titre de l’album,
Sweet Evil Sun. Et elle aussi, on sait que c’est une pochette de Candlemass même sans le nom du groupe affiché dessus.

Allez, parlons un peu plus des morceaux : ils sont au nombre de 10, incluant un outro, pour une durée totale de presque 54 minutes. Voici la liste des titres :


  1. Wizard of the Vortex

  2. Sweet Evil Sun

  3. Angel Battle

  4. Black Butterfly

  5. When Death Sighs

  6. Scandinavian Gods

  7. Devil Voodoo

  8. Crucified

  9. Goddess

  10. A Cup of Coffin (Outro)


Allez jeter une oreille aux singles qui ont été publiés sur la chaîne de Napalm Records. On vous mettra le lien vers l’album complet à sa sortie, et en attendant, si vous voulez le précommander, c’est aussi par-là que ça se passe Wizard of the Vortex

Le morceau commence par une courte introduction, un bruit de vent un peu glauque, comme on peut attendre dans le genre, jusqu’à ce qu’un premier riff typique de Candlemass entre en jeu. Le chant se lance également, et c’est toujours un plaisir d’entendre à nouveau Johan Längquist, qui a rejoint à nouveau le groupe pour le précédent album (pour rappel, c’était lui, le chanteur sur le cultissime Epicus Doomicus Metallicus). Très vite, un solo de guitare vient agrémenter l’instru, puis un autre, puis un autre. Il faut reconnaître que cet album est riche en leads autant qu’en riffs classiques du groupe, et ça fait plaisir ! On a droit à un refrain épique, qui nous chante l’histoire de ce « sorcier du vortex », sur lequel on entend en fond quelques claviers qui rajoutent l’ambiance mystique propre au groupe qu’on recherche tant !

Et alors, justement, qu’est-ce qu’il nous raconte, ce sorcier ? Thématiquement, on est dans du plus pur Candlemass. On aime explorer les ténèbres, la sorcellerie, le mystique, et on est en plein dedans ! Ce Sorcier, présenté comme le gardien de ceux qui n’ont pas de dieu, est un gardien de l’Enfer, peut-être ? Peut-être pas tant une créature maléfique qu’un symbole pour toutes celles et ceux qui aujourd’hui ne croient plus en rien, comme on peut l’imaginer avec les dernières lignes de chant du morceau, sur un outro acoustique (qui rend très bien, au demeurant) : « Je suis le sorcier du vortex, je suis le présage, le signe ; je suis le sorcier du vortex, je suis le symptôme de notre époque. »


Sweet Evil Sun

Voici déjà, en deuxième position, le titre éponyme de l’album, un morceau court (3 minutes 40) mais plein de punch. C’est l’exemple même du titre qui fonctionne à merveille : il a été utilisé comme deuxième single pour la promotion du disque, et j’ai son riff et son refrain dans la tête depuis sa parution. C’est la preuve que ça marche.

Ce « doux soleil maléfique », très bien représenté sur la pochette de l’album, positionne le soleil comme élément constitutif primordial de notre planète, comme « mère du monde », mais en même temps, comme un astre malveillant, qui nous brûle comme les fourmis que nous sommes, comparés à sa grandeur. Cette représentation peut sembler antithétique, entre la déification du soleil d’une part et sa malveillance d’autre part, toutefois elle peut s’entendre quand on l’entrevoit sous le spectre du réchauffement climatique, par exemple, et des températures démentielles que nous vivons depuis quelques années, où, le soleil, aussi bienfaiteur puisse-t-il être en tant qu’élément indispensable à la vie sur terre, nous brûle, très littéralement. Ce peut être aussi simplement une allégorie des jours difficiles, car l’existence qui nous incombe est un chemin semé d’embûches. Et malgré tout, malgré les difficultés que nous avons à vivre dans ce monde moderne en constant changement, on parvient toutefois à trouver quelques rayons de douceur ça-et-là, replaçant le soleil au rang de divinité bienfaitrice.


Angel Battle

Dès le début du morceau, on entame sur un riff puissant, bien lourd, plus Doom que Doom, presque, et très vite, de nouveaux riffs viennent accélérer le tempo. En même temps, pour un morceau qui nous parle d’anges qui se battent, c’est bien normal. Le morceau oscille entre des sections plus lentes et d’autres plus rapides, lui donnant un excellent dynamisme.

Il ne fait aucun doute, à la lecture des paroles, que ce morceau est largement inspiré de l’Apocalypse (au sens biblique du terme). Le vocabulaire est très clair, entre les épées, les lasers (pourquoi pas ?), les boucliers, la référence aux trompettes de l’apocalypse, justement. Les anges terrassent tout sur la planète, et font table rase. Le morceau se termine sur une partie narrée, dans laquelle le narrateur nous dit très simplement qu’il ne reste plus rien, après la destruction de l’humanité, et que c’était son rêve. Un cauchemar ou une ambition réelle ? Ça se discute. Les paroles du groupe sont en général assez pessimistes, donc la deuxième option est tout aussi valable que la première.


Black Butterfly

Bon, il est clair que j’adore ce morceau. Il y a tout ce que j’aime dedans, tout ce qui a pu être déjà décrit auparavant, et tout ce qui fait de Candlemass LE groupe de Doom épique. Et ces cris stridents comme on n’en trouve nulle part ailleurs : « YOU LIVE AND YOU DIE » ; je ne m’en lasse pas, ça donne toujours des frissons.

Le morceau évoque des enfants malmenés, « les enfants de l’étoile noire, de la tombe », des gens qui ne grandiront jamais, qui ne deviendront jamais des adultes complets ? Je le vois un peu ainsi, surtout par rapport à la ligne qu’on peut traduire par « la terre promise déchue de la banlieue ». Les populations pauvres, plus démunies, n’ont évidemment pas les mêmes chances que les autres pour réussir. Ces enfants des quartiers, sont ici des papillons noirs, perdus à jamais…


When Death Sighs

Un morceau qui commence presque comme une comptine. Bon, une comptine à propos de la faucheuse, donc ça ne rigole pas. Un morceau qui accueille au chant Jennie Ann-Smith, la chanteuse d’Avatarium, un autre groupe de Doom Metal suédois, avec lequel Leif Edling (fondateur de Candlemass, bassiste/compositeur/lyriciste, je rappelle) a joué entre 2013 et 2016, si je ne dis pas de bêtise. Avoir une seconde voix, qui plus est féminine, ajoute une touche supplémentaire à ce morceau, le petit duo sur le refrain, notamment. 

Pour le sujet du morceau, tout est dans le titre. Quand la mort soupire, c’est qu’il est l’heure de partir. Ça sonne comme un inexorable Memento Mori, un rappel à notre mortalité.


Scandinavian Gods

Voici le premier morceau qui a été utilisé comme single pour la promotion de l’album, et j’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dedans au départ, car le morceau m’avait paru un peu lent, un peu trop Doom classique et pas assez épique à mon goût, même si ça reste un bon morceau. Ce n’est pas forcément faux, au final, mais je pense que c’est fait exprès. A l’heure actuelle, je le prends comme un hommage aux pères fondateurs du Doom (et du Metal), Black Sabbath, dont Candlemass sont parmi les héritiers directs. Ce n’est pas un secret, et c’est très naturel, eux-mêmes sont des fans de Black Sabbath, et ce n’est pas le premier (ni le dernier, j’imagine) hommage rendu à ces derniers. On se souvient du guest solo de Tony Iommi sur leur précédent album, The Door to Doom.

Sur ce morceau, les suédois font appel à leur mythologie scandinave et à leurs dieux, comme le titre l’indique très ouvertement. Le morceau sonne sensiblement comme une communion entre les humains, et une prière collective à ces divinités pour changer le monde, comme il est dit, « pour construire un avenir meilleur ». C’est mignon, ça fait toujours plaisir.


Devil Voodoo

Voici venu le tour du morceau le plus long de l’album, du haut de ses 7 minutes et 36 secondes. Petite introduction acoustique qui nous présente un homme las, qui attend son vaudou démoniaque. Encore une forme de magie noire comme Candlemass les apprécie ! Ensuite, le morceau se lance en bonne et due forme, avec une bonne dose de patate ! Claviers et chœurs sur les refrains, on est bien, auxquels on ajoute des percussions avec un côté tribal (coucou le vaudou !). Le morceau reprend son premier motif acoustique avant un solo bien lourd.

Côté paroles, on nous propose le récit d’un homme épris de lassitude qui attend que le démon lui revienne, pour une dernière danse. C’est un peu comme dans Faust, j’imagine, le démon apporte inspiration et savoir, guérit temporairement de ladite lassitude, mais à la fin nous emporte.


Crucified

Petit solo tout calme sur une intro acoustique pour introduire le morceau (j’ai l’impression qu’il y a un peu plus de sections acoustiques sur cet album que sur d’autres du groupe). Mais très vite un premier riff incisif entre en jeu. Le chant nous propose beaucoup de notes plus hautes et épiques comme je les aime, notamment sur le refrain, court et simple, qui enchaîne « Crucified in the blue light ». On met le volume fort, toujours des frissons. Le morceau, au départ rapide, ralentit à l’approche du solo, lancinant et solennel. Avouez que la crucifixion n’est pas un martyre très fun, ça colle bien au sujet. Fondamentalement, c’est un morceau qui parle de sacrifice. Reprise de la section d’intro du morceau, puis retour du refrain. C’est efficace, ça marche.


Goddess

Encore une fois, ce morceau est du Candlemass classique. Tout y est, le Doom épique par excellence. Le morceau peut être coupé en deux : une première moitié qui sonne comme une prière à une déesse, sauveuse de tous et toutes. Par contre, on remarque dans le refrain qu’il y a quelque chose qui cloche avec cette divinité. Une histoire de trahison, comme quoi elle se sentirait trahie. Ce qui nous emmène à la deuxième moitié du morceau, qui s’accélère, dans laquelle la déesse est clairement rejetée, et l’homme perçu comme un démon. Le dernier vers des paroles est assez clair : « The beginning of the end », ou le début de la fin. C’est aussi comique, dans le sens où cette phrase est le dernier bout de texte de l’album, et aussi le dernier morceau avant l’outro, donc c’est aussi littéralement le début de la fin de l’album. Le morceau finit dans un fade out, et c’est parti pour cet outro.


A Cup of Coffin (Outro)

L’album finit sur un outro introduit à la basse, avec un dernier riff classique annonciateur de la fin, auquel viennent s’ajouter des applaudissements, donnant un petit côté « live » et spectacle, et surtout spectacle terminé, à l’album. C’est le moment de partir, quoi. On note également le petit jeu de mots sur le titre de cet outro : « A Cup of Coffin » est un jeu sur « A Cup of Coffee » ; sauf qu’on ne prend pas de tasse de café avec Candlemass, mais une tasse de cercueil (désolé, ça marche vachement moins bien en français).


Conclusion

Voilà, Sweet Evil Sun est terminé. Un bon album de Candlemass, qui je l’espère, plaira aux fans. Je recommande de l'écouter attentivement, dans le sens où, contrairement à un classique Nightfall ou au précédent opus, The Door to Doom, il faut un peu plus de travail d’écoute pour se mettre dedans. En tout cas, même si l’album a besoin d’un peu plus de temps pour être digéré, je l’aime un peu plus à chaque écoute ! On a des riffs catchy, des séquences de chant et des rythmes qui sont fidèles à l’héritage du groupe, ça ne peut que plaire. Hâte de les revoir en live !

Merci à Sounds Like Hell et Napalm Records de m’avoir envoyé la promo de l’album. Ce dernier sort officiellement le 18 novembre, c’est dans quelques jours ! Sautez dessus !

Au revoir, à bientôt.




Par Hakim - 14/11/2022

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