Mini-chronique - Chiliasm - Flesh Over Finite EP

Catégories : Chroniques
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C’est le moment d’envoyer une brève chronique, et de laisser le Black Metal de côté un instant, pour aller vers un autre genre que j’apprécie : le Tech Death. Tech Death plutôt orienté néoclassique ici. Je vais vous présenter le premier EP d’un nouveau venu sur la scène. Un trio international (Finlande / Pologne / Canada) du nom de Chiliasm, qui a sorti le 20 mai son EP Flesh Over Finite. Souvent, dans le milieu, on retrouve des musiciens d’autres formations bien connues, le Tech Death ayant ses virtuoses aux nombreux projets… Mais ce n’est pas le cas ici. A part, mettons, Szymon Milosz, le bassiste, qui est aussi chez The Ritual Aura, un groupe basé en Australie, pour ceux à qui ça parle. Nous avons ensuite Eetu Hernesmaa aux guitares (notez que ces deux derniers sont responsables des compos) et pour finir, Caleb Simard au chant. Je n’ai pas l’info, mais on peut imaginer que la batterie est programmée.

Bon, première alerte pour nos lecteurs. Si vous n’aimez ni les blasts, ni le shred, passez votre chemin ! Ou restez découvrir un projet cool. On pourrait rapprocher le groupe des québécois de First Fragment, dont j'aurai certainement l'occasion de vous reparler une fois que leur nouvel album sera sorti fin octobre.

L’EP est très court, 17 minutes, 4 morceaux, et est très, millimétré, dirons-nous. Chacun des quatre morceaux fait exactement 4 minutes et vingt secondes. Il y a des blasts, des cris, des gros solos de bâtard, de guitare et de basse (fretless, évidemment, comme souvent dans le milieu). Il y a aussi pas mal de guests pour lâcher des solos ou des voix, donnant malgré tout, sur seulement 4 pièces, une certaine diversité. On notera par exemple la présence de Nick Padovani (Equipoise/Virulent Depravity), Phil Tougas (First Fragment), Denis Shvarts (Dark Matter Secret), Bryan Berger (Virvum) Bref, du lourd.

La tracklist est la suivante :
1.    Eos
2.    Mother Cosmos
3.    Flesh Over Finite
4.    Welcome Home

Je vous laisse regarder un instant la pochette, assez sobre, dans un espace étoilé, présentant cette figure féminine au-dessus de la Terre, c’est Mother Cosmos, l’avatar de la divinité qui les intéresse dans leur deuxième morceau. Les couleurs et les excroissances osseuses en mode bras supplémentaires rappellent un peu certaines divinités hindoues, genre Vishnu. Quand on veut représenter une divinité extraplanaire et surpuissante, je dis pourquoi pas.


Il n'y a pas forcément grand chose d'autre à en dire ; cette entité a son importance démesurément mise en avant par par son aura lumineuse et sa taille. Elle démontre sa mainmise sur la planète Terre qu'elle semble tenir entre ses mains, et dont elle détiendrait le sort, si bien qu'elle pourrait la détruire à tout moment si elle le souhaitait. Un truc sympathique, que j'aimerais ajouter : si toutefois cette pochette est plutôt sobre, on remarque un travail en particulier sur les formes et les couleurs, de façon à ce que cette divinité et le logo du groupe s'intègrent très bien l'un à l'autre, voire à la limite, on pourrait dire qu'ils ne font qu'un, et que le logo pourrait être une prolongation de la couronne de cette personnalité cosmique. Bref, c'est joli.

Et les morceaux, dans tout ça ? D’abord, je vous en fais écouter un, peut-être ? Je vous propose, pour avoir une idée de ce à quoi ça ressemble, d’écouter le premier morceau du disque, "EOS"



D’entrée de jeu, le batteur arrive en solo, puis la fretless, avec ce son doux et moelleux si cher au genre, (pensez au son de Linus Klausenitzer dans Obscura/Obsidious), premiers riffs de guitare et de basses qui s’alignent, et pour finir, blasts et cris qui commencent en même temps. La guitare et la basse proposent des riffs variés, aux guitares aigües, tout va très vite, il y a beaucoup d’informations en même temps, mais je crois que c’est une des choses qui intéressent les amateurs du genre comme moi. Derrière les guitares, la fretless se démarque régulièrement en proposant une variation du riff en cours mise plus en avant dans le mix, ce qui est du plus bel effet. S’enchaînent des solos de guitare et de basse jusqu’à la mort, comme le veut le Tech Death. La batterie se permet des lenteurs pour nous permettre de se concentrer plus sur certains solos, et reprend de la vitesse pour les derniers échanges de shred.

Dans l’absolu, on peut dire que cette formule de machine à riffs techniques et néoclassiques sur fond de blast, avec des effusions de la basse fretless est employée tout du long de l’EP, sans jamais de temps mort. Dans un français peu poli, je dis couramment que c’est la branlée, parce que j’avoue, j’adore ça ! Il y a même des solos de guitare fretless. Vous voulez quoi d’autre ? Je vais aussi vous expliquer un peu de quoi ça parle. Notre chanteur oscille couramment entre des growls graves typés Death et d’autres bien plus haut perchés, ce qui n’est pas moins fréquent dans le Metal Extrême ; ici, un peu typés Deathcore.

Sur « Eos », qui, je rappelle est une Titan, déesse grecque de l’aube, les paroles nous présentent, justement, l’aube d’une nouvelle humanité, celle du locuteur et des ses camarades, qui sont des êtres de logique, en opposition aux croyances divines classiques. Maudits par un dieu auquel plus personne ne croit, ainsi sont-ils créés. Leur déesse à eux, serait certainement la figure que l’on trouve sur la pochette, et quoi nomme le deuxième morceau de l’EP, "Mother Cosmos". Cette dernière pourrait être Eos elle-même, ou en tout cas une interprétation de celle-ci, car ici nos personnages naviguent dans l’espace intersidéral, jusqu’aux confins de ce dernier, un peu comme Eos qui, elle, se réveillait chaque matin aux confins de l’océan. Le vocabulaire se référant justement aux courants, aux mouvements de l’eau, est ici prédominant.

A vouloir aller dans l’espace et devenir des êtres nouveaux, différents des humains et de leurs conceptions terrestres, on se détache de toute la matérialité de cette existence. Le titre éponyme de cet EP, "Flesh Over Finite", tend à aller dans cette direction. Il nous met en garde contre les futilités de toutes ces choses terrestres, des passions qui nous enchaînent dans nos cycles vicieux de désir et d’imperfection. La chair, en effet, est faible, comme on dit, et inexorablement nous contrôle.
Avant de vous parler du dernier morceau, je tiens à vous le faire écouter aussi, allez ! « Welcome Home », avec en invité l’illustre Phil Tougas, guitariste/compositeur des québécois de First Fragment. Je suis tellement fan.


Retour à la réalité, les âmes veulent s’échapper peut-être, mais ne peuvent s’évincer de l’emprise de notre Terre bien longtemps. L’âme rêve d’être immortelle, mais la chair, elle, est irrévocablement mortelle. « Etre humain, c’est vouloir devenir ce qui est inhumain », nous sommes conçus terrestres, et malgré tous nos efforts pour regarder vers les étoiles, nous n’y trouvons rien de sain, la folie emportant ceux qui rêvent trop loin. Et c’est ainsi, après moults échanges de solos, que l’album se termine sur ces paroles : « Welcome Home ».

Voilà, c’est tout pour cet EP. En bref, ça shred, ça blaste, ça crie, il y a des solos partout, ça déboîte. Si vous aimez les différents groupes que nous avons pu mentionner pendant cette chronique, Obscura, First Fragment et consorts, vous ne serez pas déçus. J’espère que cette aventure Tech Death vous a plu, mais promis mon prochain texte parlera de Black ! Chiliasm est un groupe qui nous promet du bon pour le futur. Pour une première sortie sous la forme certes d’un court EP, c’est très satisfaisant. Pas d’annonce d’album entier encore, on espère que ça ne saurait tarder, car au vu de ce qu’ils ont pu nous proposer pour ce premier essai, ça promet carrément du lourd.

Allez suivre Chiliasm sur Facebook, tant que vous y êtes !

Et puis, vu que je suis sympa, je vous laisse le stream de l'EP entier dans un coin.




Par Hakim - 03/09/2021

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