Live Report : Geordie Greep - Le Trabendo à Paris le 27/05/2026

Live Report : Geordie Greep - Le Trabendo à Paris le 27/05/2026

Live Reports 5 Juin 2026

Le 27 mai dernier, Paris accueillait à nouveau Geordie Greep, ex-Black Midi, pour son dernier album The New Sound. Et c'est une chaleur de plomb qui nous attendait, heureusement que le Trabendo est un brin ombragé, car il fallait un brin d'air frais pour nous aérer de temps en temps ou pour profiter des fontaines à eau en accès libre.

Malgré quelques difficultés pour arriver dans les temps, j'ai eu le plaisir de découvrir mon compatriote rémois Parsa Sabet !

Parsa Sabet (R&B/Soul - France)

Si j'ai pu décrire Parsa Sabet comme étant un projet de Reims, il aurait été plus exact de dire qu'il né en Iran et qu'il a grandi en Malaisie avant de choisir la région Grand Est.

À cause des bouchons parisiens, j'aurais quand même pu profiter de la dernière moitié de son concert où j'ai pu découvrir une musique riche en influences ! On vogue entre la Pop, la Soul, le R&B, le Math Rock voire le Surf Rock pour un cocktail calme et lumineux. Une atmosphère douce qui nous a donc permis de nous rafraichir quelque peu.

Il était tout de même nerveux, car sa famille était présente dans la salle, même son neveu y découvrait son premier concert ! Un bel "aura farming" qui rendait le concert encore plus spécial à ses yeux. C'est d'ailleurs ses parents que l'on peut retrouver dans le clip de valery.

En concert, l'artiste chante et joue de la guitare avec un autre guitariste, Victor Grosselin, le reste des ambiances et mélodies étant sur bandes. Et je pense que ça manquerait d'un petit quelque chose en plus en live, je ne sais pas si l'ajout d'un percussionniste/claviériste pourrait justement aider. Il faut dire que sans connaître l'artiste, il n'était pas forcément aisé de tomber dans cet univers bien différent de ce qui allait suivre.

Geordie Greep (Rock/Jazz/Bossa Nova - Royaume Uni)

Le changement de plateau se faisant tout doucement, plusieurs musiciens du projet vont et viennent sur scène faire les ultimes balances. Mais ce n'est que quand Geordie Greep passe quelques minutes sur scène que je me rends compte du phénomène : les premiers rangs l'acclament déjà ! On sent que le public est là pour en profiter et que les attentes sont grandes...

Et j'espère qu'elles ont été atteintes, car ce n'est pas moins de deux bonnes heures de concert qui nous attendaient ! Le groupe a en effet joué la quasi-totalité de son album ainsi qu'une reprise de Lovely Day de Bill Withers. Et si vous connaissez un tant soit peu l'artiste, vous devinez aisément que l'album ne dure pas aussi longtemps. Il faut dire que le concert était quelque peu étrange avec des improvisations quasi constantes sur l'ensemble des morceaux, avec comme fil rouge parfois juste une petite mélodie de la chanson. Même le tube Holy, Holy n'a pas été épargné par ce traitement entre le tempo beaucoup plus important et la seconde moitié du morceau complètement transformée.

De quoi désarçonner les personnes comme moi qui s'attendaient à l'album avec seulement quelques expérimentations supplémentaires. Car le concert nous faisait douter de nos connaissances mêmes sur l'album tellement il en était unique. Heureusement que les regards complices entre musiciens ainsi que l'engouement du public, plus que palpable puisqu'il venait même à reprendre en chœur certaines notes de guitare, aidaient à rentrer dans le concert. Néanmoins, on pouvait parfois trouver le temps long car certains de vos moments préférés pouvaient sauter ou être absolument transformés dans une jam de 10 minutes, ce qui est pour le coup assez frustrant, comme écouter une musique inconnue pendant près de deux heures. Heureusement pour nous, Geordie Greep était bien rigolo lors de ses quelques interactions avec le public, plus ou moins voulues parce que le groupe a eu quelques pépins techniques sur ses guitares tout du long du concert.

C'était donc une soirée inoubliable pour sûr, mais loin d'être parfaite. La chaleur rendait déjà l'expérience en elle-même pas forcément réjouissante, malgré l'ouverture de toutes les portes de la salle pour la ventiler. L'aspect beaucoup moins structuré que sur album rend aussi le résultat un peu inégal par moments, ce qui peut nuire au rythme d'un concert aussi long ; même si l'aspect spontané et complètement libre avait quelque chose de fascinant à découvrir, comme les easter eggs placés ici et là ou la drôle de reprise de Lovely Day, car entendue la veille par Geordie dans son taxi qui écoutait Magic Radio (NDLR : une webradio dédiée aux morceaux des années 80). Bref, un concert incroyable, mais qui aurait pu être moins frustrant de mon point de vue si j'avais été au courant des expérimentations qui allaient suivre.

A propos de Gauvain

Jadis chroniqueur acharné, Gauvain préfère dorénavant occuper son temps libre à l'animation de lives hebdomadaires sur notre chaîne Twitch à la découverte de groupes intéressants. La légende raconte qu'on y passerait jamais de Metal... Il n'est cependant pas rare de le voir publier quelques articles à l'année quand l'envie lui prend.