Interview de Black Foxxes avec Mark Holley
Interviews
30 Mai 2026
Le 17 mars 2026, le projet britannique Black Foxxes donnait un concert dans la salle du Chinois à Montreuil afin de présenter son dernier projet : Live at Vada sorti début 2026. Un album enregistré dans des conditions lives reprenant les morceaux de The Haar ainsi que quelques autres.
Une belle occasion pour discuter avec le chanteur, guitariste et compositeur Mark Holley avant le concert.
Gauvain : Ça fait un moment que vous avez lancé la campagne pour l’album THE HAAR avec le financement participatif.
Mark Holley : Oui
Gauvain : Comment ça s’est passé ? Est-ce que ça a dépassé vos attentes ?
Mark Holley : Le financement participatif s’est avéré bien meilleur que ce qu’on aurait pu imaginer. C’était juste une idée de dernière minute pour voir ce qu’on pouvait faire, parce qu’on était… On pensait avoir la garantie d’un financement public pour pouvoir enregistrer le quatrième album, et ça a échoué.
Mais ça a échoué alors qu’on était en studio. Donc on s'est retrouvés avec une dette énorme, des sommes folles, des dizaines de milliers de livres. Et oui, on a lancé une campagne Kickstarter juste pour voir si ça intéressait quelqu'un, et c'était incroyable. On n'en croyait pas nos yeux. Ça a été un énorme succès.
Gauvain : Parfait. Et j'étais très curieux à ce sujet, au vu de la description de l'album, des enregistrements, du résumé, etc. Et oui, j'étais assez impatient pour votre album, car chaque album est très différent.
Mark Holley : Oui.
Gauvain : Et c’est toujours amusant pour les fans de découvrir ce qui va suivre. Surtout avec vos concerts, qui sont toujours très différents des albums enregistrés en studio. Et donc c'est toujours intéressant de découvrir ce que vous nous réservez.
Mark Holley : Oui, c'est sûr. Mais c'est ce qu'on préfère, parce qu'en tant qu'artistes, nous composons de manière tout à fait spontanée. Nous n’avons aucune idée de ce qui va se passer, ça vient tout naturellement et on se laisse porter.
On n’essaie pas de dénaturer la façon dont ça sort naturellement. Mais bien sûr, beaucoup de gens qui aiment notre groupe aiment nos premiers morceaux, ce à quoi notre musique ne ressemble plus vraiment aujourd’hui. Mais d’un autre côté, beaucoup de gens adorent nos nouveaux morceaux, parce qu’ils nous voient tels qu’on est maintenant, et ils ont du mal à croire qu’on ait écrit des chansons comme celles de notre premier album.
C'est donc assez drôle. Nous sommes un groupe qui va sortir de très, très, très nombreux albums. Et je pense qu'au fil des années, toute la discographie prendra tout son sens.
Gauvain : Pour l’instant, ça va.
Mark Holley : Oui, mais je pense que ça aura plus de sens. Quand on commence à avoir 10, 11, 12 albums, on peut se permettre d’en avoir certains qui sonnent vraiment, vraiment différemment. Je pense qu’on a l’impression que chaque album est très différent en ce moment, car il n’y en a que quatre. Mais oui, on prévoit d’en faire beaucoup.
Gauvain : J’étais tellement déçu d’avoir raté l’occasion d’acheter le making-of de THE HAAR.
Mark Holley : Le DVD?
Gauvain : Oui. C’était trop cher pour moi de faire venir en France le vinyle et le DVD, donc je pensais les acheter aux Étoiles (NDLR : concert du 24/02/2024).
Je crois que c’était ça. Et oui, vous n’avez pas pressé assez de DVD pour en avoir encore à ce moment-là. Donc j’aimerais savoir si c’est quelque chose que vous pourriez represser plus tard, ou si ça restera juste un souvenir du crowdfunding.
Mark Holley : On a tout fait nous-mêmes. Mais comme on ne peut pas te donner de DVD, je peux t'envoyer un lien YouTube privé vers le contenu complet du DVD.
Donc si quelqu'un le veut, on peut le lui envoyer. Il suffit de nous envoyer un message et on l’enverra à la personne.
Gauvain : D’accord, c’est vraiment top.
Mark Holley : Oui, on a l’intégralité sur Youtube.
Gauvain : Pour être honnête… j’en rigole moi-même, désolé. Je n’ai jamais écouté le bonus de l’album que vous aviez envoyé aux contributeurs du crowdfunding (NDLR : le morceau Rabbits). Je ne sais pas pourquoi, je ne me suis jamais décidé à les écouter.
Mark Holley : Pourquoi?
Gauvain : Je sais pas vraiment… peut-être que je crains que ça ne corresponde pas à mes attentes. J’adore THE HAAR. C’est vraiment un album parfait pour moi… donc je sais pas.
Pourtant, beaucoup de groupes sortent d’excellentes bonus tracks.
Mark Holley : Mais si tu ne l’aimes pas, quelle est la pire chose qui puisse arriver ?
Gauvain : Rien.
Mark Holley : Exactement. Ça ne figure pas sur ta version de l'album. Ce serait donc juste un morceau que tu n'aimes pas. Et ce n'est pas grave.
Gauvain : Mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de l'écouter avec toute l’attention que ça demande. Je ne sais même pas combien de temps ça dure. Juste m’asseoir, écouter les morceaux et en profiter pleinement. C’est quelque chose que je remets toujours au lendemain, je ne sais pas pourquoi. Pourtant, ça me revient souvent en tête et je me dis : “Allez, il faut que je le fasse.” En plus, c’est assez court, donc je peux facilement prendre le temps de le faire.
Gauvain : Oui, c’était assez drôle, donc j’avais un peu de mal à en parler. Pour ceux qui ne le savent pas, vous avez proposé aux contributeurs du crowdfunding un morceau bonus qui n’est pas présent sur le vinyle ni disponible sur les plateformes de streaming. Je n’en dirai donc pas plus.
Gauvain : Comment s'est passée la recherche du label pour commercialiser et faire connaître cet album ? Puisque l’album est paru plus d’un an après la clôture du financement. N’était-ce pas trop frustrant d’attendre aussi longtemps ?
Mark Holley : Oui, c'est une très bonne question, car c'était quelque chose qui échappait totalement à notre contrôle. Et pour faire le lien avec ce dont tu parlais tout à l'heure, le Kickstarter a connu un énorme succès.
On n'avait pas prévu une telle réussite. Et comme on avait, techniquement, vendu un nombre de disques en pré-commande tellement important, on a dû signer un contrat de distribution pour qu'un distributeur puisse commercialiser le disque à notre place, car on n'était pas en mesure de le faire nous-mêmes. On n'en avait pas les moyens et encore moins pour expédier un millier d'albums, tu vois ?
Mais en faisant ça, on a malheureusement signé un contrat qui n'était pas très avantageux, et il y a eu beaucoup de problèmes juridiques ; ça nous a pris un an pour régler tout ça. C'était donc super frustrant, et ça n'avait rien à voir avec le fait que le groupe ne voulait pas ou n'avait pas enregistré l'album. Il était juste là, en attente.
Donc, ouais, et c’est l’une des raisons pour lesquelles on a décidé qu’on voulait juste être un groupe complètement DIY et maintenant on fait tout nous-mêmes. C’est pour ça qu’un an plus tard on a sorti l’album live, l’année prochaine il y aura le cinquième album, l’année d’après il y aura le sixième. On s’organise pour que ça aille vite, ouais.
Gauvain : J'y réfléchissais justement, parce qu'aujourd'hui, beaucoup de groupes ont du mal à trouver un bon accord avec les labels. Parfois, l'album est prêt, mais il faut attendre sa sortie officielle, et ça peut être un vrai casse-tête.
Mark Holley : C'est vrai. Les labels ont évidemment leurs avantages, mais je pense qu'ils perdent de plus en plus de leur importance pour les artistes. C'est vraiment le cas.
Gauvain : Oui, surtout qu’on peut aujourd’hui produire sa musique soi-même.
Mark Holley : Exactement.
Gauvain : En parlant de THE HAAR, vous l'avez en quelque sorte interprété en direct lors de la session live au Vada. Avez-vous enregistré l’album en live, en une heure environ, ou avez-vous simplement enchaîné les morceaux les uns après les autres pour obtenir un enregistrement parfait pour chacun d’entre eux ? Comment avez-vous organisé cette session au Vada ?
Mark Holley : On a passé une journée en studio avec des instrumentistes à cordes et d’autres musiciens. La plupart des morceaux ont été enregistrés dès la première prise, ce qui donnait un peu l’impression d’un concert, mais il y a peut-être eu deux ou trois chansons où on a dû refaire la prise deux ou trois fois parce que quelque chose n’allait pas tout à fait lors de la première prise ou que la caméra ne tournait pas correctement. Donc, c’était pas vraiment comme un concert, mais dans l'ensemble, c'était quand même sacrément live. On enchaînait les morceaux les uns après les autres.
Gauvain : Oui, parce que c’était assez intense. Mais avec la vidéo, j’avais quelque doute que ce soit une vraie captation de concert, j’imagine que ça devait être stressant entre le nombre d’invités et de la taille de la salle.
Et c’était assez fascinant de redécouvrir certains morceaux avec votre ADN actuel. J’adore votre approche en live, d’ailleurs, parce qu’elle me rappelle un groupe totalement différent : Riverside, un groupe de rock polonais qui aime réinterpréter ses anciens morceaux de manière très différente, justement pour ne pas proposer exactement les mêmes versions que sur les albums.
Et je pense sincèrement que c’est pareil chez vous.
La première fois que je vous ai vus sur scène, c’était juste avant le crowdfunding de l’album, et j’avais été complètement hypnotisé par l’impact et la puissance du live. Tout était différent, mais restait naturel en même temps. Ça m’avait totalement soufflé.
Donc j’étais très heureux de retrouver un peu de ça avec Live at Vada.
Et c’était assez drôle de voir que "Badlands" durait près de vingt minutes. Je ne m’étais jamais rendu compte que le morceau était aussi long en concert. C’est sa vraie durée sur scène ?
Mark Holley : "Badlands" est différent chaque soir, et pour faire écho à ce que tu viens de dire à propos du groupe de prog polonais, quand nous jouons "Badlands" ou "Diving Bell" pendant cette tournée, c’est chaque fois différent. Tu vois, on se nourrit mutuellement sur scène : certains soirs, c’est court et vraiment punk, et d’autres soirs, ça dure une demi-heure. Tout dépend de l’énergie qui règne sur scène.
Gauvain : Vous disiez être quasiment un groupe de jazz.
Mark Holley : Ouais, on y arrive petit à petit, mais même en repensant à ce concert au Vada, on a l'impression d'être un groupe complètement différent aujourd'hui par rapport à l'époque. Évidemment, certains membres étaient différents à l'époque. Hev, notre nouvelle bassiste, fait partie du groupe depuis un an et elle a apporté tellement de musicalité au groupe, c'est incroyable.
Gauvain : Mais elle n’était pas avec vous durant votre tournée européenne l’année dernière.
Mark Holley : Non, elle faisait déjà partie du groupe à ce moment-là parce qu’elle avait participé à la tournée au Royaume-Uni, mais elle ne pouvait pas venir en Europe. Donc, on avait fait appel à un de nos amis, Sam, mais Heather, c’est vraiment autre chose sur scène : c’est incroyable, elle nous fait jouer différemment. Et oui, on a vraiment l’impression d’être à un très bon niveau sur scène en tant que groupe, c’est certain.
Gauvain : Pourquoi avoir choisi de faire un album live comme celui-ci, plutôt qu’un live plus brut ? Est-ce que c’était pour proposer davantage d’orchestrations, mettre en avant différentes facettes de votre musique ?
Mark Holley : C'est juste quelque chose de différent. Je suis sûr qu'on finira par sortir un album live à un moment donné, mais les choses se sont en quelque sorte alignées et on s'est dit que ce serait sympa d’immortaliser ce moment dans un enregistrement. On ne s'attendait pas à ce que ce soit une sortie d'album à grande échelle, car c'est un enregistrement live, ça n'aura jamais le même impact qu'un album studio classique. Mais on veut simplement rester cohérents dans notre rythme de sorties. On a parlé d’enregistrer un concert, peut-être dans une salle spéciale ou quelque chose comme ça, de l’enregistrer correctement et de le sortir aussi, donc ce n’est pas qu’on soit contre l’idée, c’est juste que ça s’est mis en place tout seul et qu’on l’a fait comme ça.
Gauvain : C’est noté. J’aimerais parler de choses plus anciennes, les vidéos des sessions The Haar. J’ai été fasciné par l’esthétique de chaque clip de cet album. Toutes les vidéos sont en noir et blanc, très poétiques, intimes. D’ailleurs je ne me souviens plus de quelle vidéo il s’agit, celle où tu es assis sur une chaise ?
Mark Holley : Oh c’est, "I Can’t Be Left Alone With It".
Gauvain : C'est une chanson tellement parfaite, ouais, juste toi assis sur ta chaise, dans ta chambre... ça fait forte impression. Tu n'as pas eu peur de partager ce moment intime et de la réaction du public ?
Mark Holley : Non, pas du tout, et je pense que ce qui compte vraiment pour nous, en tant que musiciens, c’est que notre musique soit sincère. Du coup, pour les images et tout le reste, je veux m’assurer que ça reflète bien la musique, tu vois ? Et cette chanson est née d’un sentiment très brut, très authentique, quand je l’ai écrite, donc c’est important pour moi de partager ça. Je ne me sens ni mal à l'aise ni vulnérable en partageant ce genre de choses, je vois juste ça comme de l’art, et j'ai pensé que c'était important pour cette chanson.
Gauvain : Je comprends. Parce qu’en écoutant THE HAAR, ou vos concerts, j’ai l’impression que tout est très vulnérable ; sur le fil. C’est vraiment fascinant de mon point de vue.
D’ailleurs, j’ai remarqué quelque chose dans le clip : la bague Claddagh que tu portes à la main gauche. Ça m’y a fait penser parce que je suis allé plusieurs fois en Irlande, et c’est le genre de détail culturel qu’on finit par apprendre quand on fréquente le pays.
Mark Holley : Oui, dans ce cas je suis censé être marié, c’est ça ?
Gauvain : Oui, ou amoureux... Du coup, ça m’a amusé de découvrir des morceaux très sombres alors que cette bague montrait que tu étais amoureux. Normalement, on s’attendrait plutôt à des arcs-en-ciel partout.
Mark Holley : Oui, mais tout dépend de la relation j’imagine. Mais c’est une très bonne observation, personne n’a jamais remarqué ce détail avant. Être capable de voir ça dans une vidéo c’est franchement impressionnant.
Ce n’était absolument pas intentionnel. Cela dit, cette bague est un cadeau d’une ex avec qui j’étais pendant l’écriture de l’album, et elle a beaucoup de valeur sentimentale pour moi. C’est d’ailleurs la seule bague que je porte aujourd’hui.
Mais je ne l’ai pas portée pour faire écho aux thèmes de la chanson ou quoi que ce soit du genre. C’est simplement quelque chose de personnel pour moi.
Gauvain : En tout cas, c’était intéressant à voir dans une chanson plutôt déprimante.
Gauvain : L’année dernière, j’ai été agréablement surpris de vous voir sur scène avec Daria Arkova, la chanteuse française. Comment le groupe l’a-t-elle rencontrée ? Il me semble qu’elle adore ce que vous faites.
Mark Holley : J’ai toujours adoré Daria. Elle est tellement gentille, et il est simple d’échanger avec elle. Elle m’a partagé beaucoup de ses projets il y a des années et j’ai trouvé ça très cool.
Et ça a été génial de la voir évoluer en tant qu'artiste aussi. Et il se trouve qu'elle était justement au concert. On lui a dit : « Viens sur scène et chante cette chanson avec nous. »
Oui, elle est géniale. Elle est vraiment, vraiment formidable.
Gauvain : Ce qui est marrant, c’est que je l’ai découverte seulement quelques semaines avant le concert.
Mark Holley : Oh vraiment ?
Gauvain : Donc je me disais : mais qu’est-ce qu’elle fait ici ?
Mark Holley : C’est trop marrant.
Gauvain : Oui, totalement. Son projet musical est cool (NDLR : un nouvel EP est sorti en mai 2026). Mais elle ne peut pas être là ce soir, désolé.
Mark Holley : Aucun souci.
Gauvain : Elle ne pouvait pas venir; Elle habite plutôt dans l’Est de la France donc c’est assez loin.
Gauvain : D’ailleurs, tu disais que tu pensais aux prochains albums. Tes albums et tes concerts prennent de plus en plus une tournure expérimentale. Et à l'époque, tu parlais d'une orientation jazz.
Peut-on donc s'attendre à quelque chose de ce genre pour les prochains albums ? Ou est-ce encore très flou et tu verras au fur et à mesure ?
Mark Holley : On a déjà enregistré le cinquième album. Je pense qu’il va surprendre les gens d’une manière assez différente. Parce qu’en ce moment, nos concerts sont très post-jazz, assez fun et expérimental.
Mais en réalité, le cinquième album est un disque assez fun. Je pense que beaucoup de gens ne s’y attendent pas. Il y aura aussi des choses plus sombres, bien sûr. Mais dans l’ensemble, je dirais que c’est un album beaucoup plus drôle, plus libre, plus “décontracté”, avec des influences un peu americana. J’ai vraiment hâte de sortir cet album.
Gauvain : Êtes-vous ouverts à des collaborations ? Comme vous avez déjà chanté avec Daria Arkova en concert, peut-on s'attendre à voir un chanteur, une chanteuse ou un guest à un moment donné ?
Mark Holley : A 100 %. En fait, on a en quelque sorte mis en place un système avec des groupes australiens. Il y a plusieurs artistes australiens qui viennent faire des tournées au Royaume-Uni et en Europe.
Ils n'ont pas les moyens de faire venir tout leur groupe depuis l'Australie. Alors ils nous engagent, Black Foxxes, pour les accompagner sur scène. Et on est devenus très potes avec une artiste qui s'appelle Ella Ion. Elle est phénoménale. Son guitariste, Ricky Albeck, qui compose ses propres morceaux, est vraiment génial.
Et il a joué pas mal de parties de guitare sur notre nouvel album. Quand partira-t-on en tournée en Australie le mois prochain ? Dans deux mois ?
Gauvain : Oui c’est dans ces environs là. (NDLR : La tournée s’est déroulée du 17 avril au 9 mai)
Mark Holley : Il va jouer de la guitare avec nous pendant toute la tournée. On se rend compte en ce moment qu’on peut aller un peu partout dans le monde et modifier légèrement la composition du groupe sur scène. Par exemple, Sam, notre saxophoniste, ne peut pas participer à la tournée européenne. On a donc un gars qui s’appelle Mon et qui joue dans un groupe appelé Speed Dial. Il apporte quelque chose de complètement différent.
Quand on ira en Australie, on n’aura pas de saxophoniste, mais Ricky Albeck comme deuxième guitariste, qui sera le quatrième membre.
Ce que j’adore, c’est que quand les gens nous voient en concert, ils ne savent pas à quoi s’attendre. Et ce sera un set vraiment différent à chaque fois. Certains adoreront cette version.
D'autres préféreront la version avec saxophone. Mais c'est une question de goût, et c'est exactement ce que nous recherchons. Nous ne voulons pas simplement monter sur scène et jouer une chanson de trois minutes et demie répétée à l'infini, qui sonne exactement comme sur l'album à chaque fois.
Ce n'est pas le but. Ce n'est pas pour ça que nous faisons de la musique. Donc, la collaboration, absolument. Mais nous devons aimer l'artiste pour l'intégrer au groupe.
Gauvain : Je pensais à quelque chose. Le Live at Vada est disponible en ligne. Et il y a deux morceaux qui n’ont jamais été mis sur les plateformes de streaming. Moi, j’ai juste écouté le vinyle, mais je ne sais pas desquels il s’agit. Quels sont les morceaux qui ne sont pas disponibles ?
Mark Holley : Il s’agit de "Ha Ha Ha" et "Where have you been" ? Peut-être, même si je ne sais pas si ça a vraiment été inclus sur le vinyle. On l’a enregistré, mais je ne sais pas s’il a finalement été retenu sur le vinyle. Peut-être "Shakey" ? (NDLR : Ce sont bien "Shakey" et "Ha Ha Ha" qui sont absents des plateformes et "Where have you been" qui est absent partout.)
Gauvain : Parce que c’était les plus étranges ou y-avait-t-il une autre raison derrière ce choix ?
Mark Holley : Je ne les trouvais pas aussi bons que les autres morceaux. Mais pour une sortie vinyle, on trouvait que c’était sympa d’offrir un peu plus de contenu aux gens. Parce qu’on ne va presser que 250 exemplaires de ce vinyle, donc c’est déjà quasiment épuisé, il nous en reste juste quelques-uns ce soir.
Et on s’est dit que ce serait quelque chose de joli pour les gens, avec le recul, de savoir qu’ils possèdent deux morceaux que personne d’autre n’entendra jamais.
C’était vraiment ça l’idée. Mais moi, personnellement, je ne trouvais juste pas qu’ils sonnaient aussi bien que les autres.
Gauvain : C’est toujours intéressant de savoir pourquoi quelque chose se passe de cette manière. Et c’est toujours sympa d’offrir quelque chose de plus aux fans qui achètent quelque chose.
Mark Holley : Je pense aussi, surtout les disques vinyles. C’est vraiment quelque chose de personnel. J’aime tellement les objets artistiques physiques. Je suis toujours fier à chaque fois qu’on sort un vinyle. Ça compte énormément pour le groupe et moi.
Gauvain : C’est pour ça que vous ne sortez plus de CD.
Mark Holley : Oui, mais aussi parce que pas assez de gens ne les achètent. Donc ça nous coûte pas mal d’argent.
Gauvain : C’est vraiment dur avec les CDs, oui. Vous gagnez aussi moins avec les CDs que les vinyles.
Mark Holley : Oui à 100%.
Gauvain : Je dis ça car j’ai les deux premiers albums en CD et tout le reste en vinyle.
Et c'est ainsi que se conclut notre interview. Encore merci à Mark d'avoir pris sur son temps libre avant le concert pour m'accorder une si passionnante discussion. J'espère qu'elle vous aura intéressée et donner envie de découvrir le projet Black Foxxes.
Je tenais aussi à remercier mon amie Lucie sans qui cette interview ne serait certainement pas sortie aussi tôt ! Merci pour son aide précieuse, c'est grâce à elle que vous pouvez lire ces lignes aujourd'hui.
La photo de l'article a été prise par Sally Stenning.
A propos de Gauvain
Jadis chroniqueur acharné, Gauvain préfère dorénavant occuper son temps libre à l'animation de lives hebdomadaires sur notre chaîne Twitch à la découverte de groupes intéressants. La légende raconte qu'on y passerait jamais de Metal... Il n'est cependant pas rare de le voir publier quelques articles à l'année quand l'envie lui prend.