Kal-El - Astral Voyager Vol. 2
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23 Mars 2026
Majestic Mountain Record (Europe) / Blues Funeral Recordings (US) - 23 Mars 2026
Formé en 2012 à Stavanger, en Norvège, Kal-El s’est progressivement imposé comme une formation à part dans la scène stoner-doom européenne. Mélangeant hard rock, heavy metal, psychédélisme et doom, le groupe a construit une identité forte autour d’un imaginaire très marqué par la science-fiction. Dès leur premier EP Dark Moon Voyage en 2013, ils attirent l’attention de la scène norvégienne et sont même élus meilleur nouveau groupe rock sur la plateforme NRK Urørt.
Depuis, leur discographie s’est enrichie d’albums marquants comme Pakal (2014), Ecosphere (2015), Astrodoomeda (2017) ou encore Witches of Mars (2019), disque qui a marqué une véritable percée dans la scène stoner internationale.
Avec Dark Majesty en 2021, puis l’EP Moon People en 2023, le groupe continue de développer son univers cosmique fait de riffs lourds, de grooves dominés par la basse et d’ambiances psychédéliques portées par les récits de SF écrits par leur chanteur, le Captain.
Mais tout capitaine sans son équipage n’est rien, il faut aussi rendre les honneurs à des musiciens talentueux, Josh et Doffy aux guitares, Knutsen à la basse et Judas à la batterie. Un ensemble qui tient la barre au travers des voyages du groupe.
Après avoir sillonné l’Europe et les États-Unis, le groupe poursuit son odyssée musicale avec Astral Voyager, un projet en deux volumes. Le premier volet avait déjà été salué par la presse spécialisée pour ses riffs massifs et son atmosphère spatiale.
Ce Astral Voyager Vol.2 vient donc conclure cette exploration interstellaire à travers six titres qui confirment la maîtrise du groupe en matière de stoner cosmique.
L’album s’ouvre avec "Juno", un titre efficace qui condense immédiatement les éléments attendus d’un album de stoner : riffs lourds, groove solide et chant habité. Une entrée en matière directe qui installe l’atmosphère du disque et donne rapidement une envie de poursuivre le voyage.
Le second morceau, "The_Nine", change sensiblement de registre. Avec ses 10 minutes 16, le titre prend le temps d’installer une ambiance plus aérienne. Les riffs ralentissent et les refrains semblent étirer la tension encore davantage, créant une atmosphère presque suspendue. Le pont central évoque sans équivoque (pas facile à dire ça) les mélodies désertiques de Yawning Man, apportant une légèreté inattendue avant que le morceau ne replonge dans une conclusion plus lourde et dissonante.
"The Prophecy", troisième piste de l’album, surprend par un break central particulièrement entraînant. Un riff presque thrash metal, donnant envie de bouger en rythme avant que le morceau ne revienne plus progressivement vers son atmosphère stoner, voir doom.
Mais le véritable sommet de l’album arrive avec "Juggernaut". Mon énorme coup de cœur du disque. Long de 6 minutes 47, le morceau est un véritable voyage. Les mélodies vocales apportent un côté presque hypnotique et les pré-refrains installent parfaitement la libération des tensions avant l’arrivée de refrains absolument sublimes. On y retrouve une vibe très Truckfighters, étonnamment positive, portée par des accords plus ouverts qui contrastent avec les couplets plus appuyés.
Mais c’est avec la seconde moitié du morceau que l’expérience va plus loin encore, un guitare clean apparaît pour la première fois de l’album et installe une atmosphère lumineuse, presque apaisante. Une seconde guitare saturée vient progressivement épaissir l’ensemble, donnant une dimension presque spatiale au morceau. La tension monte, le mur sonore se construit, jusqu’à l’arrivée d’un solo de guitare totalement hors du temps qui permet un véritable échappée avant le retour aux riffs plus lourds. Le dernier pré-refrain laissant presque une frustration tant on aurait aimé entendre un dernier refrain exploser.
"Pan" propose un registre différent. Les couplets sont plus rapides, limite plus techniques, avec une construction qui évoque parfois les premiers Alice in Chains. Les refrains permettent au chant de s’exprimer avec davantage de liberté et d’ampleur. Le solo rappelle par moments celui de "Juggernaut", mais c’est surtout le riff final qui marque durablement par son efficacité.
"Asteroid" à la lourde tâche de clôturer l’album après deux morceaux particulièrement marquants. Le titre conserve les qualités du disque : riffs solides et chants toujours aussi convaincants. Cependant, sa structure semble plus maladroite. Il faut attendre près de trois minutes avant de se sentir accrocher par le refrain. Le pont nous offre alors un riff prometteur laissant espérer un développement plus marquant qui ne se concrétise malheureusement pas totalement.
Le morceau se termine néanmoins sur un riff final massif et brutal qui promet de beaux moments de headbang en concert et laisse entrevoir de bonnes choses pour la suite du groupe.
Au final, Astral Voyager Vol.2 confirme la capacité de Kal-El à proposer un stoner massif mais habité, capable d’alterner entre riffs écrasants et envolées plus psychédéliques. Si certains passages auraient mérité d’être davantage développés, notamment sur le morceau final, l’ensemble reste solide et porté par plusieurs moments particulièrement marquants, "Juggernaut" en tête.
En concluant son diptyque cosmique, le groupe norvégien démontre qu’il maîtrise parfaitement son univers fait de fuzz, d’espace et de grooves lourds, confirmant la place du groupe parmi les formations émergentes les plus intéressantes de la scène européenne actuelle.
A propos de Guillaume W
Guillaume est grand comme son âge et aime écouter les sons qu'il veut écouter. Passionné de métal, de jazz et de jeux-vidéos, il arrive en big 2025 pour nous régaler les yeux de ses avis auditifs.