ERRA - silence outlives the earth
Chroniques
4 Mars 2026
UNFD - 6 mars 2026
Il y a des groupes qui sortent des albums bourrins, des projets qui veulent sortir des morceaux techniques, d’autres qui aiment faire voyager et parfois, seulement parfois, ceux qui réussissent l’exploit de mêler ces trois dimensions parfaitement.
Aujourd’hui sort le nouvel album d’ERRA et il fait clairement partie de cette dernière catégorie.
Silence outlives the earth devrait convaincre tous les amateurs de metalcore moderne.
Deux ans après avoir été scotché avec le superbe Cure, nous voici face à une nouvelle proposition familière avec, au programme, des riffs complexes, des voix parfaitement harmonisées, des parties pensées pour le chaos des concerts, mais aussi, et surtout, ce qui fait le succès de ERRA depuis quelques années, des envolées aériennes qui nous transportent dans leurs mélodies.
La formation n’a pas changé depuis l’album précédent:
Alex Ballew à la batterie, Jesse Cash au chant clair et à la guitare, JT Cavey au chant lead, Conor Hesse à la basse et Clint Tustin désormais pleinement intégré à la guitare. Le groupe aurait-il enfin trouvé une stabilité ?
Sur les 11 pistes de l’album, la cohérence de l’ensemble et la qualité de la production laissent peu de place au doute : ERRA a trouvé son équilibre.
Les plus assidus auront remarqué, grâce au dernier single sorti, la présence d’un morceau découpé en plusieurs parties. En effet les trois derniers titres de silence outlives the earth nous proposent un ensemble de plus de dix minutes, alternant entre les ambiances propres à l’univers musical d’ERRA et une touche progressive, lourde et introspective bien plus présente, laissant présager du bon pour la suite du groupe et les futurs albums.
Aucune note ne dépasse et le superflu est mis à la porte. Dès les premières notes de l’album avec stelliform, on comprend parfaitement où le groupe nous emmène, il sait ce qu’il fait et continue de nous submerger tout au fil de l’album d’un mur sonore aussi massif qu’harmonieux.
Déjà évoqué plusieurs fois, mais je continue de souligner l’importance de l'écriture des riffs dans cet album, pensés plus simplement que sur Cure, ils n’en demeurent pas moins efficaces, catchy et restent en mémoire longuement après écoute.
Les morceaux nous font part des réflexions du groupe sur l’existence, l’incertitude et la transformation intérieure ainsi que, comme le rappellent certains titres, la confrontation avec des forces qui nous dépassent.
L’album s’écoute tout seul, les morceaux s'enchaînent et ne se ressemblent pas (pas trop en tout cas). Puis, vient le final de l’album sur twilight in the reflection of dreams et les dernières notes de l’album sur un chant clair qui émerge presque du mix, par-dessus une guitare très ouverte, laissant une envie de réécouter le tout encore et encore pour profiter jusqu’à plus soif de la magie dont les membres d’ERRA sont devenus maîtres.
On soulignera néanmoins l’absence de prise de risque du groupe dans un ensemble musical sans doute trop proche de ce que l’album précédent proposait, ce qui confirme pourtant la direction actuelle que prend ERRA mais un morceau plus violent ou dans un registre différent n’aurait pas été de trop.
Silence outlives the earth… Le silence perdure au-delà de la Terre, le groupe a sans doute raison, mais s’il pouvait continuer de nous bercer de sa musique le plus longtemps possible, alors ce silence-là pourrait bien attendre.
A propos de Guillaume W
Guillaume est grand comme son âge et aime écouter les sons qu'il veut écouter. Passionné de métal, de jazz et de jeux-vidéos, il arrive en big 2025 pour nous régaler les yeux de ses avis auditifs.