True Blue - Blanket

True Blue - Blanket

Chroniques 23 Janvier 2026

Adventure Cat Records

Blanket, à force de navigation entre leur shoegaze massif, leur post-rock aérien et une lourde influence du post-metal, a su se tailler une place au sein de la scène underground britannique. 

True Blue, le quatrième album du quatuor originaire du nord-ouest de l’Angleterre, est un disque cohérent, dense et émotionnellement maîtrisé, confirmant l’évolution du groupe ces dernières années.

Bobby Pook, au chant et à la guitare, incarne l’art mélodique du groupe : sa voix, souvent noyée dans une reverb omniprésente, agit comme un instrument à part entière, se fondant dans les nappes sonores au lieu de les dominer. À ses côtés, Simon Morgan appuie l’architecture des morceaux avec une seconde guitare épaississant les textures, voyageant entre murs saturés et passages aériens. La section rythmique n’est pas en reste, constituée d’Ash Betton à la basse et de Lucas Fletcher à la batterie, elle apporte une solidité et une profondeur essentielles, la basse agissant comme un repère alors que la batterie alterne entre douceur et montées en puissance.

The Swallows Reflecting In The Water ouvre l’album sur un introduction atmosphérique installant une sensation de flottement. Le groupe misant sur une construction progressive plutôt que l’impact électrique direct. Hole In My Head et Levitate développent ensuite cette tension hypnotique, entre riffs lourds et mélodies perdues dans l'écho, rappelant les sons de formations post-metal modernes, choisissant la contemplation plutôt que l’agression.

True Blue, se démarque par un sens de l’équilibre. Huit titres qui s'enchaînent avec fluidité, sans rupture brutale et donnant une dimension narrative au son de l’album. Deux collaborations viennent enrichir cette dynamique: Bind, avec la participation de Thomas Davenport du groupe Wayside, qui fournit une variation vocale subtile, tandis que Summer Skin, avec la voix de Lynsey Ward du groupe Exploring Birdsong, nous apporte une lumière presque fragile au cœur de cet ensemble introspectif.

Au contraire, Leaning on You ou encore Wallflower, transmettent parfaitement les émotions et parviennent à les faire durer, sans surenchère technique, avec des parties simples laissant les thèmes s’étirer dans le temps et s'immiscer en nous dans une forme d’hypnose sonore. Les paroles, volontairement en retrait, servent davantage d’écho que de support lyrique, renforçant cette impression d’effacement dans les murs de son.

Vient enfin la conclusion sur le titre éponyme, fidèle aux structures de l’album et mélangeant les idées, de la lourdeur, de la mélancolie et ce sentiment de beauté sombre qui fait partie de l’image du groupe.

Soyons d’accord, Blanket ne révolutionne pas le genre, ni ses codes, mais il livre un album sincère et abouti, un album qui nous immerge dans ses idées, ses sons ou encore ses sentiments. 

J’aime à croire qu’il pourra séduire tous les amateurs de shoegaze et les fans de post mais qu’il plaira aux grands sensibles des sons texturés et émotifs.

True Blue confirme la maturité artistique du groupe et s’impose comme une valeur sûre de la scène alternative, une chose est sûre: la Blanket est bonne.

A propos de Guillaume W

Guillaume est grand comme son âge et aime écouter les sons qu'il veut écouter. Passionné de métal, de jazz et de jeux-vidéos, il arrive en big 2025 pour nous régaler les yeux de ses avis auditifs.